Le CerfL'historique 

Histoire d’une famille

Les diligences débarquaient leurs passagers devant le relais de poste devenu l'Hostellerie du Cerf, mais  Marlenheim se fit une réputation gastronomique à l'époque du tramway rural ferraillant de Strasbourg à Westhoffen, via Traenheim.

La bonne auberge rurale, où les voyageurs s’attablaient le temps d’une étape  trop brève à leur goût, connu longtemps  un franc succès local, puis acquit un renom régional et même national grâce à Paul Wagner : l ’arrière-grand-père de Michel Husser, l’actuel maître des lieux et chef de cuisine, avec lequel collaborent maintenant Clara et Melina, la cinquième génération…

Paul Wagner, Strasbourgeois las de la ville, avait acheté l’établissement pour proposer sans façon une cuisine traditionnelle. Elle se révéla assez savoureuse et régulière  pour que le Michelin  l’étoilât dès 1936 !
Sa fille et son gendre n’ayant pas l’âme hôtelière et restauratrice, il légua poêles et casseroles à son petit-fils Robert. Celui-ci, passé par l’école hôtelière, reprit très jeune l’affaire. La réputation de la maison s’amplifia. De bouche à oreille dans la région, grâce aux guides et aux articles de la presse nationale dans toute la France.
Robert Husser resta fidèle aux traditions, mais égaya la carte d’accents nouveaux, épura. Cultivant lui aussi son jardin, et y trouvant souvent inspiration, il mit de nouvelles couleurs dans les assiettes. Son épouse, Marcelle, de famille hôtelière, assurait l’accueil et les mille et une tâches de l’hostellerie au succès grandissant, dont la caractère alsacien fut préservé.

Lui aussi ex-élève de l’école hôtelière de Strasbourg (au milieu des années 1970, quand elle était au sommet de sa renommée), Michel Husser voyagea beaucoup, travailla dans un restaurant de Vancouver, passa chez les Haeberlin, travailla avec Alain Senderens et, naturellement, avec son père.
Il prit les commandes de la maison à la veille du millénaire, assisté par son épouse, Cathy, elle aussi de Marlenheim. Et continua d’œuvrer avec une très solide équipe. Des anciens toujours en pleine forme, comme Pascal Schmitt, le second de cuisine, et Daniel  Krier, lui, en salle. 
D’autres saveurs apparurent, la carte bougea souvent, sans que disparaissent certains classiques de la maison, sans cesse rajeunis. L’à peine quinquagénaire continue d’innover. Plus que jamais en cuisine, donnant un rôle de plus en plus important à sa fille Clara, côté hôtel. 
Un hôtel qui s’est beaucoup transformé, au cours de la première décennie de ce millénaire, et qui prend une nouvelle dimension au moment où Marlenheim, grâce à un « contournement » longtemps attendu, affirme mieux son cachet.
Faut-il préciser que Michel Husser ne refuse jamais les herbes que Roby apporte du jardin ? Que la rénovation des suites et des chambres n’a pas offensé les colombages ?